Découvrir le SCoT

Faire face aux nouveaux défis comme aux enjeux récurrents


Le schéma directeur de 1998 comme point de départ

Le Pays de Châlons-en-Champagne possède une longue expérience des démarches de planification territoriale avec l’élaboration d’un Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) en 1974, puis l’élaboration d’un Schéma Directeur en 1998.

La stratégie du schéma directeur était bâtie sur plusieurs ambitions, parmi lesquelles :

  • Une croissance démographique retrouvée grâce à la neutralité du solde migratoire.
  • La création d’emplois avec la valorisation des agro-ressources et le développement des activités de transport et de logistique associées à la montée en puissance de l’Aéroport Paris-Vatry.
  • Le développement économique et résidentiel attendu du processus de métropolisation au sein du réseau de villes Châlons-en-Champagne/Epernay/Reims/Troyes.
  • Les effets espérés de l’arrivée du TGV Est tant résidentiels qu’économiques.
  • Le développement de l’offre de logements en général et de la diffusion de l’offre de logements sociaux plus particulièrement.
  • La valorisation du patrimoine du cœur de l’agglomération.

Elle reposait également sur le principe d'un aménagement équilibré du territoire et d'une préservation de ses ressources :

  • La définition des grands équilibres entre les espaces urbains, les espaces agricoles et les espaces à fort intérêt environnemental.
  • La répartition équilibrée des hommes et des activités économiques.
  • La préservation des espaces boisés et la valorisation des espaces naturels avec en particulier la mise en évidence de l’intérêt environnemental et paysager de la vallée de la Marne et des vallées de la plaine crayeuse, éléments essentiels d’une armature des espaces naturels.
  • La prévention des risques naturels notamment d’inondation.

Un diagnostic en "rose" ou en "gris", ambitions réalisées ou non ?

Du côté du "rose", certaines ambitions se sont plutôt bien réalisées :

  • La volonté de développement industriel s’est notamment traduite par de nouvelles implantations d’activités dans les domaines de la valorisation agroalimentaire et de la logistique.
  • La diffusion de l’offre d’enseignement supérieur au sein de la Région Champagne-Ardenne, souhaitée par les élus, se concrétise avec la mise en place d’un IUT de plein exercice à Châlons-en-Champagne et l'inscription de l'ENSAM dans le réseau d'excellence ParisTech.
  • L’offre de logements a progressé de façon assez équilibrée sur l’ensemble du territoire y compris dans l’agglomération châlonnaise. L'offre de logements aidés a également progressé mais avec une très faible déconcentration géographique.
  • La mise en valeur du cœur de l’agglomération châlonnaise porte ses fruits avec une identité patrimoniale, culturelle et urbaine qui s’affirme.
  • Le niveau d’équipement et de services a été fortement amélioré en terme d’infrastructures de transport et d’équipement commercial.
  • Les espaces boisés de la plaine agricole, les espaces à fort intérêt environnemental ont été globalement préservés et les coupures d’urbanisation de la vallée de la Marne respectées.

Du côté du "gris", certains moteurs ne sont pas allumés ou n'ont pas produits les effets escomptés :

  • Comme dans d’autres territoires du quart Nord-Est français, la démographie reste fragile en raison d’un solde migratoire déficitaire (- 3 200 habitants entre 1999 et 2006) très légèrement compensé par le solde naturel (+ 4 081 habitants).
  • L'aéroport Paris-Vatry s’est plutôt bien développé après le démarrage de ses activités dans le secteur du fret, mais la crise économique a freiné son envol.
  • Le développement de valorisations agro-industrielles en lien avec la recherche sur les molécules végétales ne s’est pas traduit par des implantations sur le Pays de Châlons.
  • Le développement industriel attendu dans l’agglomération s’est plutôt traduit sous forme de tertiarisation de l’activité industrielle et de développement de la logistique offrant toutefois une offre de services favorable au tissu économique.
  • La mise en service du TGV Est, en juin 2007, s’est traduite par une dégradation de la qualité des relations ferroviaires classiques vers Paris et surtout vers l’Est de la France.
  • La métropolisation attendue au sein des trois principales villes marnaises n'a pas permis de mettre en œuvre des complémentarités productives et n’a pas eu les résultats escomptés tant démographiques qu'économiques.

Les objectifs de la révision


Le futur Schéma de Cohérence Territoriale doit donc valoriser les grands équipements du territoire et relever les enjeux démographiques, économiques et environnementaux sur un périmètre de 90 communes.

Le SCoT doit répondre aux grands objectifs suivants :

- Développer les fonctions économiques stratégiques du territoire en tirant parti de ses atouts :

  • L’aéroport Paris-Vatry dont il convient de favoriser les conditions de fonctionnement.
  • La présence de grands employeurs publics et notamment de l’armée.
  • La valorisation des atouts de localisation du territoire dans le réseau des infrastructures avec le développement de la logistique.
  • Le maintien de la performance des activités agricoles, notamment au regard des perspectives de valorisation agro-alimentaires et agro-industrielles.
  • Le renforcement de l'enseignement, de la formation et de la recherche.
  • Le développement des infrastructures du numérique et des usages des communications électroniques.

- Renforcer l'attractivité du territoire en s'appuyant sur son armature urbaine :

  • L’adaptation de l'offre résidentielle aux besoins de l'ensemble de la population.
  • Le confortement de l'armature urbaine dans une logique de complémentarité des espaces.
  • Le maintien d'une armature commerciale et de services équilibrée.
  • La valorisation du patrimoine naturel et urbain dans le cadre dune politique globale d'accueil y compris dans le domaine du tourisme.
  • L’amélioration des infrastructures routières, ferroviaires et fluviales dans l'optique d'une optimisation des déplacements.

- Assurer la protection de l'environnement et la préservation des grands équilibres naturels :

  • La prise en compte des risques naturels et des nuisances.
  • L'intégration des orientations d'une gestion équilibrée de la ressource en eau et des objectifs de qualité et de quantité des eaux définis par le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) et le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux Aisne/Vesle/Suippe.
  • L'affirmation de la valeur des grands paysages de Champagne et du rôle de la trame verte et bleue en adéquation avec la notion de villages "oasis".
  • La maîtrise du développement urbain tenant compte de la préservation des espaces agricoles et naturels.
  • La maîtrise de l'énergie et la valorisation des énergies renouvelables.
  • La prise en compte d'objectifs de qualité dans l'aménagement urbain.

Ces objectifs de développement équilibré et durable constitueront par ailleurs un appui à la démarche de Pays.

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Les orientations du futur SCoT


Le Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) est le fruit de discussions et de débats ayant permis d’aboutir à un consensus sur les choix stratégiques en matière d’aménagement du territoire à l'horizon 2030.
Les principes fondamentaux de ce projet avaient été débattus une première fois en octobre 2009, puis avaient été complétés en septembre 2013 pour tenir compte des enjeux du Grenelle de l’environnement et notamment la modération de la consommation d'espace, la prise en compte de la trame verte et bleue et l'aménagement commercial.
Les changements majeurs subis par la ville de Châlons-en-Champagne en 2015/2016, avec la perte du statut de capitale régionale et le départ de l'armée, ont conduit les élus à retravailler le projet économique du SCoT en lien avec les réflexions engagées dans le cadre de la négociation du Contrat de Redynamisation du Site de Défense (CRSD) et à relancer une démarche de concertation auprès des communes et des intercommunalités.

Les nouvelles orientations ont été redébattues le 30 novembre 2016 autour d'une vision transversale de l'avenir du territoire fondée sur 6 axes et un fil conducteur : "le Pays de Châlons-en-Champagne, territoire de connexion".

L’axe 1 : "renforcer l'attractivité résidentielle de l'ensemble du territoire"

L'un des grands enjeux est de fidéliser les ménages résidant dans le pays de Châlons et d'en attirer de nouveaux en respectant un objectif de cohésion sociale. Avec l'évolution démographique du Pays de Châlons-en-Champagne, il s'agit d'un objectif central exprimé en termes qualitatifs et quantitatifs :

  • D'un point de vue qualitatif, plusieurs conditions doivent être remplies pour renforcer l'attractivité résidentielle du territoire lesquelles passent pour partie par une reprise maîtrisée et organisée de la construction de logements. Pour assurer la possibilité d'un parcours résidentiel au sein du pays, ces nouveaux logements doivent être abordables et répondre à la diversité des besoins qui ne cessent de s'élargir au regard des évolutions sociétales et des enjeux du vieillissement.
    Cette offre nouvelle doit aussi être articulée avec l'ensemble des volants relatifs à l'habitat en termes d'équipements et de services. Il ne s'agit pas seulement de produire du logement, mais aussi d'offrir une qualité de vie adaptée.
    En complément de la construction neuve, il est également indispensable de mener une action forte et continue de reconquête du parc de logements à la fois public et privé, de limiter la vacance, et de poursuivre les actions de renouvellement du parc locatif social et de modernisation des structures d'hébergement.
  • D'un point de vue quantitatif, l'objectif est d'accueillir 6 000 nouveaux arrivants sur le Pays de Châlons à l'horizon 2030 soit une population de 104 000 habitants.
    L'accueil de ces habitants supplémentaires implique un effort de construction estimé à 325 logements par an en moyenne à l'échelle du pays. Il s'agit de logements neufs qui viennent s'additionner à d'autres logements qui sont les logements réhabilités ou reconquis après travaux en diminution de la vacance.
    Cette production de logements sera phasée pour tenir compte des étapes d'évaluation prévues tous les 6 ans après l'approbation du SCoT.

L’axe 2 : "renforcer l'attractivité économique de l'ensemble du territoire en capitalisant sur les forces existantes et en misant sur de nouvelles filières"

Le deuxième grand enjeu pour le territoire est de maintenir voire d'améliorer le taux d'emploi du Pays de Châlons et de contribuer à la lutte contre le chômage et à la création de valeurs.

  • Le renforcement de l'attractivité économique du territoire passe par le soutien de filières nouvelles sans pour autant négliger les secteurs plus "traditionnels". L'une des premières orientations du SCoT porte donc sur l'ancrage des activités logistiques, industrielles et agricoles.
    A moyen terme, le développement des filières d'avenir doit assurer des relais de croissance en adéquation avec le développement de l'enseignement supérieur et de la recherche et avec le potentiel et les besoins du territoire. Cela concerne notamment la "smart agriculture", la "silver économie" et l'économie du recyclage.
    La question du foncier économique est importante et doit reposer sur un portefeuille de surfaces à mobiliser à la fois en zone d'activités, en reconquête de friches et éventuellement en densification d'espaces sous-utilisés. Il faut pouvoir proposer aux entreprises une variété d'offres foncières suffisamment bien desservies et organisées voire peut-être spécialisées. De ce point de vue, il faut continuer à préserver la plateforme aéroportuaire de Paris-Vatry qui est un atout majeur pour le territoire en lien avec le transport de passagers et de marchandises.
  • Le maintien des services administratifs du chef-lieu de département ne doit pas être écarté et il faut envisager, de manière raisonnée et progressive, une production d'immobilier d'entreprises notamment à Châlons pour accueillir des fonctions tertiaires.
    Le territoire doit également conforter la présence des grands sites militaires et peut-être exploiter les potentiels de connexion qu'il y aurait entre les activités de défense et de sécurité, la recherche et le développement et l'économie locale.
  • Le tourisme doit aussi être abordé comme une filière économique à part entière en s'appuyant sur les nombreux atouts du pays.
  • D'un point de vue quantitatif, il faut réduire la consommation d'espace à des fins économiques. Le territoire a pris l'option de réduire la consommation de foncier de 50 % et de la faire passer de 550 à 250 ha.

L’axe 3 : "poursuivre un modèle de développement polycentrique et en réseau"

Il répond à la nécessité de structurer le territoire de manière plus efficace, plus rationnelle et plus solidaire.

  • Les grandes orientations envisagées pour mettre en œuvre ce modèle concernent en premier lieu la ville centre et les enjeux qui lui sont propres en termes d'aménagement urbain et d'exercice des fonctions de centralité. Il paraît ensuite logique de considérer les effets d'entrainement directs de la ville centre sur les communes agglomérées de Compertrix, Fagnières, Saint-Martin-sur-le-Pré et Saint-Memmie afin d'assurer une bonne cohérence du développement.
  • En parallèle, il convient de conforter les petites villes du territoire comme autant de points en capacité de structurer le territoire et de relayer la ville centre sur certaines fonctions. Au-delà de ces petites villes relais, le développement modéré des bourgs et villages doit rester possible afin de maintenir la vitalité de ces communes, de faire vivre les équipements et d'éviter les risques de dégradation par abandon du bâti ou des espaces publics. Ce développement doit s'opérer dans le respect de la forme urbaine de chaque village de façon à limiter certaines tendances comme le développement linéaire.
  • Enfin, il convient de limiter les pôles spécialisés, c'est-à-dire des secteurs strictement dédiés à l'économie, au commerce ou à l'habitat et plutôt d'encourager à plus de mixité dans les fonctions.

L’axe 4 : "soutenir les mobilités durables et les énergies alternatives"

Il répond à la question de l'articulation entre le développement urbain dans toutes ses composantes et l'organisation des transports tant pour améliorer le service rendu que pour réduire, dans le futur, l'empreinte écologique des déplacements qu'il s'agisse de personnes ou de marchandises.

  • Dans un territoire parfois peu dense où l'usage de la voiture reste de toute façon incontournable, comment pouvons-nous néanmoins agir pour essayer de limiter les déplacements automobiles ? Il est possible d'organiser les développements urbains de manière plus compacte et en privilégiant des sites bien desservis car il y a quand même un certain nombre de sites bien desservis par des gares qui méritent d'être intensifiés d'un point de vue urbain. Cela vaut aussi bien pour le développement résidentiel que pour le développement économique.
    Cela recouvre aussi l'intensification urbaine de la zone agglomérée de Châlons-en-Champagne évoquée dans l'axe 3 car il est envisageable, sur cet ensemble communal, de rationaliser les déplacements et de favoriser l'usage des transports collectifs et le recours aux modes actifs.
  • L'amélioration de la desserte en transports collectifs des grands pôles générateurs de déplacements, comme les centres commerciaux, est également un moyen pour réduire les déplacements automobiles.
  • D'une manière générale, il est également nécessaire de mieux organiser les déplacements et le stationnement dans l'optique d'un meilleur partage de la voirie.
    Sans doute est-il possible de rationaliser le recours à la voiture individuelle en facilitant l'auto partage, le covoiturage, le rabattement vers les lignes de transport collectif ou encore les nouvelles pratiques de mobilité dans les entreprises et les administrations sans oublier le soutien que les collectivités peuvent apporter aux véhicules électriques.

L’axe 5 : "préserver et valoriser la fonctionnalité écologique du territoire et contribuer aux engagements de lutte contre le changement climatique"

Il répond à la question comment le territoire du Pays de Châlons-en-Champagne peut-il contribuer aux engagements de lutte contre le changement climatique et l'anticiper pour s'y adapter ?

  • On a souvent le sentiment que ces grands enjeux de préservation de la planète nous dépassent et pourtant nous pouvons apporter des réponses concrètes notamment avec un modèle de développement urbain qui priorise la reconquête du parc de logements, la limitation de la vacance, le renouvellement et la redynamisation des tissus urbains avant d'envisager le recours à de nouvelles extensions.
    Cela recouvre aussi l'intensification urbaine de la zone agglomérée de Châlons-en-Champagne évoquée dans l'axe 3 car il est envisageable, sur cet ensemble communal, de rationaliser les déplacements et de favoriser l'usage des transports collectifs et le recours aux modes actifs.
  • Cette politique de reconquête du bâti et d'utilisation des potentiels en densification doit être accompagnée d'une limitation de la consommation de l'espace et de la recherche d'aménagements plus compacts et plus économes en foncier et par ailleurs moins couteux en investissement comme en fonctionnement.
  • Ce 5ème axe recouvre aussi tous les aspects de préservation de la biodiversité au travers de la trame verte et bleue qui doit prendre en compte à la fois la protection des réservoirs de biodiversité ou "cœurs de nature" et celle des corridors écologiques qui permettent de relier les espaces entre eux.
  • Au-delà de la préservation des boisements de la plaine agricole, le PADD met en exergue la démarche de restauration des habitats expérimentée avec l'association Symbiose et le principe de l'engagement volontaire de la profession de renforcer la biodiversité dans l'espace agricole.
    La préservation des coupures agricoles/naturelles entre les communes de la vallée de la Marne, qui est un acquis de plus de 40 ans de planification supracommunale, est un bon exemple de mesure utile à la fois à la gestion du risque d'inondation, à la préservation des espaces agricoles de proximité tout comme de l'identité des communes et des paysages.
  • L'ambition environnementale du SCoT prend bien sûr en compte la diminution des pressions et pollutions sur l'eau, l'air, et les ressources du sous-sol. Le ménagement des ressources doit également reposer sur une gestion durable des déchets et le développement de l'économie circulaire.
  • Enfin, le SCoT doit assurer la maîtrise de l'urbanisation par rapport aux différents types de risques (inondation, cavités souterraines) et nuisances susceptibles d'être générées par les infrastructures ou certains sites économiques.

L’axe 6 : "placer la qualité au centre de la planification territoriale"

Il vise à favoriser l'attachement de l'ensemble des "usagers" au Pays de Châlons, qu'il s'agisse des habitants, des salariés ou des visiteurs et affirme la nécessité de démarches de promotion du territoire et d'une animation destinée à faire vivre le SCoT.

  • L'exigence de qualité doit être le fil conducteur de l'ensemble des actions qu'elles portent sur le patrimoine à préserver et/ou à mettre en valeur, le bâti résidentiel à construire ou à rénover, les bâtiments à usage d'activité, les équipements, les espaces publics.
    Cette recherche de qualité doit aussi concerner les différents espaces et entités paysagères du territoire : la plaine agricole, les vallées alluviales et l'espace urbain. La notion de "villages oasis" résume assez bien cette ambition de miser sur la qualité de vie, le cadre de vie et les conditions de vie.
  • Le développement touristique, déjà abordé sous l'angle économique, peut aussi l'être sous l'angle qualitatif car ce qui est bon pour les touristes l'est aussi pour les habitants. Valoriser les atouts du pays afin d'être attractif vis-à-vis de l'extérieur c'est aussi fidéliser les personnes qui vivent sur le pays ou qui y travaillent.