Les spécificités du territoire

Un peu d'histoire


La Champagne a constitué de tous temps un lieu de passage Nord-Sud et Est-Ouest. Selon les circonstances, cette position charnière a favorisé la circulation des marchandises et des idées ou entraîné le territoire dans de grandes batailles, depuis les invasions barbares jusqu'à la seconde guerre mondiale.
Dans l'Identité de la France, Fernand Braudel souligne la fragilité des frontières du Nord-Est et de l'Est :
"C'est Charles Quint, en 1544, qui en a donné la première démonstration. Parti du Luxembourg, il va aller jusqu'à Saint-Dizier qu'il emporte et, par la Marne, pousse jusqu'à Meaux aux portes même de Paris. La démonstration recommence en 1596, en 1636, en 1708, en 1814, en 1870, en 1914, en 1940, ..."

Dès la préhistoire, la région constitue un espace d’échanges entre différentes peuplades sédentaires et nomades. Vers 20 avant Jésus Christ, Agrippa fut chargé par l'empereur Auguste d'établir un réseau routier en Gaule. L'un des axes principaux reliant Milan à Boulogne-sur-Mer, la Via Agrippa, traverse Châlons qui tire son nom du peuple gaulois des Catalaunes qui était implanté sur l'oppidum (enceinte défensive) de La Cheppe à 16 km au Nord-Est avant de fonder la ville.
La bataille dite de Châlons eut lieu en 274 entre les forces romaines de l'empereur Aurélien et celles de l'empereur gaulois Tetricus. La victoire d'Aurélien entraîna la soumission définitive de la Gaule à Rome.

Aux IVe et Ve siècles, la région, située sur le "limes" romain, constitue un enjeu stratégique majeur. C’est en 451 après Jésus Christ que les forces coalisées composées de troupes romaines, de Wisigoths, de Francs et de Burgondes stoppèrent la progression des Huns emmenés par Attila.
La localisation de cette bataille constitue un sujet de controverses et l'une des hypothèses situe le champ de bataille sur l'imposant oppidum de La Cheppe construit vers 80 avant Jésus Christ par le peuple des Catalaunes.
Au XVIIIe siècle, des cartes présentent le site sous le nom de "Camp d'Attila".
L'ampleur de cette place forte, d'une superficie de 30 ha avec un rempart long de 1 800 m pouvant atteindre 7 m de hauteur, la voie romaine proche, et la vaste plaine qui jouxte l'oppidum, permettent en effet d'envisager qu'une bataille s'y soit déroulée.

Au Moyen-Age, la Champagne, pays d'échanges situé sur les routes commerciales reliant les Flandres et l'Italie, connut une grande prospérité économique grâce aux quatre grandes foires de Champagne, les plus considérables d'Europe. Dès le XIIème et tout au long du XIIIème siècle, la prospérité châlonnaise repose sur la fabrication de draps de laine de haute qualité, vendus dans toute l'Europe par l'intermédiaire des foires de Champagne.
Cette prospérité est également liée à la présence de l'évêque. Comme celui de Reims, l’évêque du diocèse de Châlons devint seigneur de la ville et fit de sa seigneurie une enclave indépendante au centre du Comté de Champagne. Cette prospérité favorise l'embellisseemnt de la ville et pas moins de 17 édifices religieux sont construits à cette époque.

Aux XIVe et XVe siècles, les pays rémois et châlonnais traversent une période de troubles en ces temps de présence anglaise sur le sol français. Au XVIème siècle, sur fond de guerres, Châlons demeure un point stratégique face à l'empire de Charles Quint tout proche. L'évêque perd de son autorité face aux bourgeois du conseil de ville. Au XVIIème siècle, il est supplanté par l'intendant de Champagne, représentant du roi.

A la Révolution, Châlons perd son nom historique de Châlons-en-Champagne pour celui de Châlons-sur-Marne. La ville devient le chef-lieu du Département de la Marne pour des raisons de centralité géographique et sans doute aussi parce que Reims était la ville des sacres.
Deux événements décisifs dans l'histoire de France se déroulent à proximité du pays châlonnais. Du 20 au 25 juin 1791, Louis XVI et sa famille tentent de gagner l’étranger. Reconnus à Sainte-Ménehould par le maître de poste Jean-Baptiste Drouet, leur fuite s’arrêtera à Varennes, dans la Meuse.
C’est aussi dans la Marne, à Valmy, le 20 septembre 1792, que les généraux Dumouriez et Kellermann battent les armées prussiennes. Sûre de sa force, la Convention nationale proclame l'abolition de la royauté à laquelle se substitue la République.

Au XIXe siècle, la Champagne accueille plusieurs grands camps militaires qui vont couvrir 4 % de sa superficie. La région retient alors l'attention autant pour ses vastes espaces que pour sa position stratégique dans la défense de Paris. Ainsi, en 1858, Napoléon III inaugure le premier camp à Mourmelon-le-Grand. Conçu pour accueillir 25 000 hommes et 6 000 chevaux en manœuvre, il portait alors le nom de camp de Châlons, ville accessible de Paris par chemin de fer. Le maire de la capitale champenoise, Joseph Perrier, avait contribué à son installation et favorisé la création d'une voie ferrée entre la ville et le camp. D'autres camps sont ensuite créés notamment à Mailly-le-Camp, Sissonne ou au lendemain de la première guerre à Suippes et Moronvilliers.
Le relief peu accidenté et les vastes horizons dégagés de la Champagne sont mis à profit par les pionniers de l'aviation compte tenu des performances modestes des premières machines volantes. Le 2 octobre 1908, le premier vol "de ville à ville" est réalisé près du camp de Mourmelon par Henri Farman sur un appareil Voisin. Il relie Bouy à Reims, soit une distance de 27 kilomètres, en une vingtaine de minutes à une hauteur avoisinant les 40 mètres (voir le site du berceau de l'aviation des maisons de Champagne).
Cette prouesse technique sans précédent va susciter un intérêt croissant pour l'aviation dont les progrès spectaculaires font vite prendre conscience de son intérêt stratégique. Ainsi, le berceau de l'aviation quitte la Champagne pour des régions plus éloignées des frontières sensibles du Nord-Est.

Au XXe siècle, le département paie un lourd tribut à la première guerre mondiale. Dans la mémoire collective, le conflit est en effet souvent associé aux batailles de la Marne. La première bataille de la Marne eut lieu du 6 au 13 septembre 1914 et permit de stopper l'avancée allemande au Nord de Paris. Cette offensive verra l'épopée des "taxis de la Marne", organisée depuis la capitale par le Général Galliéni, chef du camp retranché de Paris. La deuxième bataille de la Marne, du 15 au 20 juillet 1918, constitue la dernière grande offensive allemande et marque l'engagement de la contre-offensive des alliés.
La ligne de front se fixera au Nord de Suippes durant 4 longues années marquées par de nombreuses attaques qui transforment le site en champ de ruines. Sur un espace d'environ 14 000 hectares, cinq villages : Tahure, Hurlus, Perthes-les-Hurlus, Les Mesnil-les-Hurlus et Ripont furent anéantis et jamais reconstruits.
Au lendemain du conflit, cette "zone rouge" donnera lieu à la création du vaste camp militaire de Suippes tout proche de celui de Mourmelon-le-Grand.
Pour perpétuer la mémoire des villages détruits, le nom de chaque village reste symboliquement lié à celui d'un village proche comme Tahure ajouté à Sommepy et Perthes-les-Hurlus rattaché à Souain.

La seconde guerre mondiale marque à nouveau durement la région. En juin 1940, plusieurs quartiers de la ville de Châlons furent incendiés par les allemands. Plus au Sud, la Ville de Vitry-le-François est presque entièrement détruite par les bombardements.
Le 7 mai 1945, la capitulation de l’armée allemande fut signée à Reims. Le 8 juillet 1962, le Président de la République Française, le Général Charles de Gaulle, et le Chancelier de la République Fédérale Allemande, Konrad Adenauer, passent en revue les troupes françaises et allemandes à Mourmelon-le-Grand avant d’assister, ensemble, à une messe de réconciliation dans la Cathédrale de Reims.

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Un peu de géographie


Le Pays de Châlons-en-Champagne s'étend sur 1 783 km² soit presque un quart du Département de la Marne. Le territoire correspond pour une grande part au bassin de vie de Châlons et est également structuré autour des deux pôles urbains intermédiaires de Mourmelon-le-Grand et Suippes dans le Nord du pays.
A une échelle plus locale, le territoire compte des bourgs-relais comme Courtisols, Pogny, Jâlons ou Juvigny, qui permettent d’assurer un maillage en termes de services et commerces.
C’est sur la base de cette armature urbaine que sont menées les réflexions du syndicat mixte sur les actions à mettre en œuvre.

Le contexte naturel

Le Pays de Châlons-en-Champagne, situé au cœur de la Champagne crayeuse, est un modèle de paysage parfaitement cultivé développé sur des collines modelées dans la craie et séparées par des vallons occupés par des cours d’eau ou plus souvent par des vallées sèches. Deux traits principaux caractérisent ce territoire :

  • une moindre densité bâtie avec un faible nombre de communes comparativement à d'autres régions, et la quasi-absence d’habitat dispersé sous forme de hameaux à l'exception notamment de Melette ou de Longevas. Par ailleurs, les fermes isolées sont plutôt de conception récente ;
  • le rapport très fort des villages avec les cours d'eau : dans la toponymie locale, les lieux appelés "somme" désignent une source. On trouve ainsi, au Nord du territoire, Somme-Tourbe, village où la Tourbe prend sa source, de même pour Somme-Suippe (source de la Suippe), Sommepy-Tahure (source de la Py), Somme-Vesle (source de la Vesle).

Ce rapport avec l'eau est d'autant plus saisissant que la perméabilité du sol de craie réduit de manière significative le nombre des cours d'eau et leur puissance à l'exception de la Marne qui est alimentée par un bassin versant diversifié d’une superficie de 6 300 km² à Châlons-en-Champagne.
La présence de l'eau, généralement associée à une végétation abondante, devenue rare dans un espace dédié à l'agriculture, contribue à faire des villes et villages du pays châlonnais de véritables "oasis" au sein de vastes étendues cultivées.
A elle seule, la ville de Châlons-en-Champagne est traversée par pas moins de 10 cours d’eau : la Marne, le Mau, le Nau, la Moivre, le canal Saint-Martin, le canal latéral à la Marne, le canal de jonction, le canal Louis XII, le Mau venant de Saint-Memmie et la rigole du Jard. Ces cours d'eau ont influencé l'urbanisme de la ville et plus généralement le cadre de vie des châlonnais. Du XIVe au XIXe siècle, la ville fera l’objet de nombreux aménagements hydrauliques : percement du canal Louis XII, couverture des ruisseaux et de certaines portions du Mau et du Nau, déplacement du lit de la Marne, creusement du canal latéral à la Marne, aménagement du canal Saint-Martin, construction de plus d'une vingtaine de ponts, de vannages et d'écluses.

Les itinéraires de promenade qui suivent aujourd'hui ces cours d'eau, et en particulier la vallée de la Marne, rappellent que la viabilité de ce territoire est très ancienne :

  • Le GR654 ou "Sentier de Saint-Jacques de Compostelle" qui traverse la Champagne-Ardenne et remonte vers Namur puis les Flandres.
  • La "Via Francigena" également appelée route de Sigéric. A peine élu archevêque de Cantorbéry en 990, Sigéric se rendit à Rome pour y recevoir le pallium, ornement sacerdotal symbole de sa charge, des mains du Pape Jean XV. L'itinéraire de son voyage de retour, en 80 étapes d'environ 20 km, est connu par un manuscrit. C'est sur la base de cet itinéraire, plus anciennement attesté que celui de Compostelle, qu'a été balisé l'itinéraire actuel.
  • le GR14 connu sous le nom de "Sentier de l'Ardenne" qui relie Paris aux Ardennes belges en plus de 600 km.

Le contexte démographique

Avec 99 633 habitants au recensement de 2012 (chiffre de population totale), le Pays de Châlons représente 17 % de la population marnaise et 7 % de la population champardennaise. La tendance est à la stabilité démographique avec une variation de la population caractérisée par un solde naturel positif (taux annuel moyen entre 1999 et 2010 de + 0,6 %) et un solde migratoire négatif (taux annuel moyen entre 1999 et 2010 de - 0,5 %).
La densité moyenne de population du pays s’élève à 55 habitants/km². Cette situation est proche de celle de la Champagne-Ardenne (52 habitants/km²) mais masque de fortes disparités. Le noyau urbain, avec plus de 320 habitants/km², contraste avec des espaces de faible densité au Sud. Pour le territoire, cette situation soulève la problématique de l’offre de services et d’équipements en dehors de l'agglomération et des bourgs centres.
Parallèlement, le vieillissement de la population s’accélère sur le territoire suivant en cela les tendances nationales (+ 2,5 % de plus de 60 ans entre 1999 et 2005). Enfin, le nombre de ménages ne cesse d’augmenter en raison des évolutions sociétales et sociales (hausse des familles monoparentales, jeunes décohabitants, …). De fait, malgré une démographie stable, la demande de logements ne cesse d’augmenter.
La problématique est donc double pour le pays car il s’agit à la fois de conforter le dynamisme démographique des territoires ruraux du Nord et d’inverser la tendance à l'érosion démographique du Sud et de l’agglomération châlonnaise.

Les caractéristiques du parc de logements

En 2011, le Pays de Châlons-en-Champagne compte près de 43 300 logements dont 77 % sont situés dans la Communauté d'agglomération de Châlons-en-Champagne (dont 53 % dans la seule ville de Châlons), 10 % dans la Communauté de communes Suippe et Vesle, 7 % dans la Communauté de communes de la région de Mourmelon-le-Grand et 6 % dans la Communauté de communes de la Moivre à la Coole. Ce parc de logements se caractérise par :

  • une prédominance des résidences principales avec 93 % contre une moyenne nationale de 83 %,
  • une prédominance de l'habitat individuel avec 58 % du parc de logements. Toutefois, la situation est très contrastée sur l'ensemble du territoire puisque par la part des maisons atteint 50 % dans la Communauté d'agglomération de Châlons-en-Champagne, 75 % dans la Communauté de communes de la région de Mourmelon-le-Grand, 87 % dans la Communauté de communes Suippe et Vesle et 98 % dans la Communauté de communes de la Moivre à la Coole,
  • un parc relativement ancien avec près de 26 % de logements construits avant 1949 et plus de 40 % entre 1949 et 1974,
  • une faible représentation du secteur locatif privé (18 %) par rapport au secteur locatif social et aux propriétaires occupants (respectivement 29 et 53 %),
  • un parc locatif social géographiquement concentré à Châlons-en-Champagne (79 %), Saint-Memmie (10 %), Mourmelon-le-Grand (5 %), Suippes (3 %) et très faiblement représenté ailleurs (3 %),
  • une tendance à la spécialisation des territoires en terme de construction neuve. Le noyau urbain accueille l'essentiel des logements collectifs. La couronne périurbaine et le secteur Sud produisent surtout des maisons individuelles en accession à la propriété. Enfin, le secteur Nord accueille à la fois maisons individuelles (2/3 des opérations) et logements collectifs,
  • une part des logements vacants qui reste modérée avec 6,5 % en 2010 contre 7,5 % à l'échelle départementale et 8,5 % à l'échelle régionale.

Le contexte économique et l'offre de formation

En termes d’activités économiques et d’emplois, le pays est fortement marqué par l’emploi public qui représente quasiment la moitié des 44 591 emplois du territoire (emploi total en 2010). Ceci s'explique par le statut de capitale administrative régionale et départementale de Châlons-en-Champagne et par la forte présence des activités de la Défense. Toutefois, ce rôle de stabilisateur de l’emploi public dans l’économie locale tend à s'affaiblir au niveau de la ville centre avec les incidences de la loi de programmation militaire pour l'année 2014 et de la loi relative à la délimitation des régions impliquant la fusion des régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine et par voie de conséquence la perte du statut de capitale régionale de Châlons-en-Champagne.
Le tissu économique du territoire compte un peu plus de 4 300 établissements privés au 1er janvier 2011, dont environ 77 % sont concentrés dans la communauté d’agglomération dont plus de 70 % dans la seule ville de Châlons-en-Champagne.

Les avantages concurrentiels du territoire en terme de desserte routière et ferroviaire et sa localisation entre trois des plus grands bassins de population et d’activités d’Europe ont favorisé le développement des transports et de la logistique.
Enfin, la rationalisation de l'espace, avec plusieurs vagues d'aménagements fonciers conjugué à la mécanisation, la fertilisation des sols et le déploiement du système coopératif ont favorisé le développement d'une agriculture de pointe et l'émergence de filières agro-industrielles. C’est notamment dans le secteur Sud du territoire que l’industrie agricole et alimentaire est le mieux représentée avec plus de 90 % des salariés du secteur industriel.

L'offre de formations supérieures, essentiellement localisée à Châlons-en-Champagne, est structurée autour de quatre grandes filières attirant aujourd'hui plus de 2000 étudiants :

  • l'industrie et la technologie, avec notamment la présence de l'école des Arts et Métiers / Agro Paris Tech et de l'IUT Reims, Châlons, Charleville, qui développent des formations en lien avec les pôles de compétitivité Industrie & Agroressources et Materalia ;
  • le social et la santé, dont l'enseignement est essentiellement assuré par l'IUT Carrières sociales et l'Institut Croix Rouge ;
  •  les sciences de l'éducation et de la formation, via l'antenne IUFM de Châlons ;
  • les arts du cirque, spécificité châlonnaise de renommée mondiale liée à la présence d'un cirque en dur accueillant le Centre National des Arts du Cirque (CNAC).

Cette offre fait l'objet d'un projet stratégique mené par la Communauté d'agglomération châlonnaise afin de la rendre plus lisible et plus compétitive. Ce projet "Campus 3000", dont l'ambition est d'accueillir 3000 étudiants en 2020, a pour objectifs de valoriser et intégrer la vie étudiante dans la ville, de structurer et étoffer l'offre de formations, en renfonçant les liens entre formations, recherche et entreprises.
Dans le Pays de Châlons, certains établissement proposent des formations professionnelles, essentiellement le domaine agricole : le Lycée Général et Technologique Agricole de Somme-Vesle, le Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole de l'Epine, l'Ecole Professionnelle ouvrière agricole de Somme-Suippe.

La présence de l’armée

La présence de l’Armée constitue un atout indéniable pour le territoire en terme d'emplois avec près de 4 000 personnes localisées à Mourmelon-le-Grand et Suippes. Les deux camps militaires de Mourmelon et de Suippes jouent par ailleurs un rôle central dans l'organisation de la défense nationale.

Le camp de Mourmelon-le-Grand représente une superficie de 9 091 ha et couvre, pour partie, les communes de Baconnes, Saint-Hilaire-le-Grand, Jonchery-sur-Suippe, Suippes, La Cheppe, Cuperly, Vadenay, Bouy, Livry-Louvercy, Mourmelon-le-Petit et Mourmelon-le-Grand.
C'est le plus peuplé et le plus actif des camps militaires français. Avec sa fonction de Centre d'Entraînement Interarmes et du Soutien Logistique (CENTIAL - 51e RI), il assure le soutien à l'entraînement des forces françaises auxquelles il met à disposition espaces de manoeuvres, champs de tir, matériels et équipements d'accueil d'une capacité de 5 000 personnes qui sont formées dans quatre spécialités : l'artillerie, la cavalerie, l'infanterie et le génie.
Mourmelon héberge notamment l'Etablissement Logistique du Commissariat des Armées (ELOCA), le 8e Régiment de Matériel de l'Armée de Terre (8e RMAT) et le 501e Régiment de Chars de Combat (501e RCC) qui est l’un des régiments blindés le plus souvent engagé en opérations extérieures.

La commune de Bouy, au Sud de Mourmelon-le-Grand, accueille également le Centre de Ravitaillement en Essences (CRE) appartenant au Service des Essences des Armées (SEA). Cet organisme interarmées de logistique opérationnelle ravitaille en carburants et lubrifiants l’ensemble des forces armées, en tous temps et en tous lieux.

Le camp de Suippes représente une superficie de 13 922 ha et recoupe les communes de Sommepy-Tahure, Sainte-Marie-à-Py, Souain-Perthes-les-Hurlus, Suippes, Somme-Suippe et Laval-sur-Tourbe sur le Pays de Châlons-en-Champagne, mais s’étend au-delà des limites du Pays de Châlons. Au total, 12 communes sont concernées par ce camp jusque dans le Département des Ardennes.
C’est l’un des plus grands camps militaires de France. Il abrite le 40e Régiment d’Artillerie (40e RA) et le 132e Bataillon Cynophile de l’Armée de Terre (132e BCAT) qui forme des binômes homme-chien pour les trois armées (terre, air, marine) et les différentes administrations de l’État.

Enfin, l’armée a joué un rôle très significatif à Châlons-en-Champagne comme en témoignent les vastes emprises militaires des casernes et des cités militaires Saint-Martin et Saint-Pierre. Ces liens forts qui ont existé entre la ville et l'armée étaient encore marqués en 2014 par la présence d'une douzaine d'institutions dont l’état-major de la 1ère Brigade Mécanisée, l'unité de soutien de l'infrastructure de la Défense et le 1er Régiment d'Artillerie de Marine (1er RAMa). L'application de la loi de programmation militaire de 2014 doit entrainer la suppression de plus de 1 000 postes à Châlons-en-Champagne. Un contrat de redynamisation des sites de défense (CRDS) est en cours d'élaboration afin de définir des compensations notamment dans le domaine de l'économie.

L’agriculture

L'agriculture est une richesse fondamentale du territoire et une valorisation dominante de l'espace avec une surface agricole utile (SAU) qui couvre près de 80 % de la superficie totale du pays soit 139 700 ha. En comparaison, la SAU atteint 68 % dans le Département de la Marne, 62 % en Champagne-Ardenne et 53 % sur toute la France.
Cette agriculture forte et renommée se distingue notamment par :

  • Un développement plutôt axé sur les cultures végétales avec une prédominance des cultures de céréales, oléagineux et protéagineux désignées par le terme générique de "COP". Ainsi, près de 57 % des exploitations sont orientées vers ce type de cultures alors que cette part est de 11 % au niveau régional. En termes de surfaces, les céréales représentent près de 70 000 ha soit près de la moitié de la SAU.
  • Une culture emblématique du territoire avec la production de luzerne et sa déshydratation pour l'alimentation animale. La Champagne-Ardenne détient toujours la première place avec 80 % des tonnages français mais ce secteur doit relever plusieurs défis dont la hausse du prix des énergies.
  • Un nombre d'exploitations en diminution puisque le Pays de Châlons-en-Champagne compte plus de 1 130 exploitations en 2010 contre 1 250 en 2000. Ce phénomène de concentration entraîne par ailleurs une augmentation de la surface agricole moyenne par exploitation qui est passée de 118 à 128 ha entre 2000 et 2010. Dans le sud du territoire, la taille moyenne des exploitations est particulièrement importante avec 174 ha.
  • Un élevage quasi-absent avec seulement une trentaine d'exploitations orientées vers l'élevage dont un tiers concernent l'aviculture.
  • Un paysage "d'openfield" façonné par les aménagements fonciers : la succession des remembrements, qui a duré des années 1950 jusqu'aux années 1980, a permis la construction d'un espace agricole composé de grandes parcelles plus adaptées à la taille, elle aussi croissante, des engins agricoles.
    En 1995, 46,1 % du territoire agricole national avait fait l'objet d'un remembrement alors que dans la Marne le taux dépassait les 111 %.
  • Une investissement dans le développement des technologies et des matériaux "biosourcés" issus des productions végétales grâce à la proximité du Pôle de compétitivité à vocation mondiale "Industries et Agro Ressources" soutenu par l'Etat et les deux régions de Champagne-Ardenne et de Picardie. Châlons-en-Champagne accueille depuis plusieurs années le Salon International du Non Alimentaire dédié aux nouvelles valorisations des agro-ressources (agro-matériaux, bioénergies, chimie du végétal).

Héritière des grandes foires de Champagne, la foire de Châlons-en-Champagne constitue chaque année un rendez-vous majeur de l’agriculture car cette véritable institution régionale est considérée comme la deuxième de France pour le machinisme agricole et le premier rassemblement "grandes cultures" de l'hexagone.
Cette vitrine des talents et des compétences de toute une région est hébergée depuis 2012 dans un nouvel écrin, le Capitole en Champagne, inauguré le 31 août 2012 par le Président de la République François Hollande.

La mobilité des personnes et des marchandises

Une bonne desserte routière : le Pays de Châlons est desservi, via six échangeurs, par les autoroutes A. 4 (Paris/Strasbourg) et A. 26 (Calais/Dijon, également appelée autoroute des anglais). Le réseau autoroutier est complété par un ensemble de routes nationales et départementales convergeant vers l’agglomération châlonnaise, et permettant de relier les principales agglomérations voisines : R.N. 44 (Reims/Vitry-le-François), R.D. 977 (Charleville/Troyes), R.D. 3 (Epernay/Sainte-Ménehould).
Ce réseau principal s’appuie sur un réseau de routes départementales qui relient entre elles les communes plus éloignées permettant ainsi une bonne desserte et une accessibilité aisée de l'ensemble du territoire. A l'échelle de la Marne, le niveau d'équipement fait ressortir une moyenne de 81 km de routes pour 10 000 habitants contre 64 km à l'échelle nationale. Ce réseau assez dense permet une bonne fluidité du trafic et offre un accès aisé aux agglomérations et au réseau autoroutier.

Un réseau ferré de qualité : le pays bénéficie d'une position plutôt favorable sur l'axe Est-Ouest lui permettant d'être bien relié à Paris avec le TER Vallée de la Marne et le TGV Est via la Ligne à Grande Vitesse (Strasbourg - Reims - Paris) mise en service en juin 2007. Le TGV dessert les gares de Reims (Ligne à Grande Vitesse), de Châlons-en-Champagne et Vitry-le-François (ligne TER) et dispose d'une gare d'interconnection sur la commune de Bezannes au Sud de Reims.
Châlons-en-Champagne bénéficie d'une liaison directe vers Paris-Est à raison de 2 A/R quotidiens avec une durée moyenne de trajet de 65 mn. La gare d'interconnection Champagne-Ardenne de Bezannes permet 5 trajets directs journaliers vers la gare de Marne-la-Vallée, 5 trajets directs vers la gare de Massy et 4 trajets directs vers la gare de l'Aéroport Charles de Gaulle. Elle permet également des trajets de province à province vers Strasbourg, Luxembourg, Lille, Nantes et Bordeaux

Le réseau Trans-Express-Régional (TER) est constitué de 3 lignes dont 1 électrifiée (Paris-Nancy avec 11 A/R quotidiens), 1 partiellement électrifiée (Châlons-Reims avec 15 A, 12 R quotidiens) et 1 non électrifiée (Châlons-Sainte-Ménehould-Verdun avec 4 A et 5 R quotidiens).

En plus de la gare de Châlons, vers laquelle converge l’ensemble des lignes ferroviaires, le pays châlonnais compte également deux autres gares (Suippes et Mourmelon-le-Petit) et deux points d’arrêt à Bouy et Saint-Hilaire-au-Temple.
En matière de transports de marchandises, la gare de Châlons-en-Champagne est située en bordure de sillons de circulation de trains nationaux et internationaux assurant des liaisons Nord-Sud et Est-Ouest dont l'axe majeur Paris-Nancy-Strasbourg. Ainsi, un grand nombre de destinations peuvent être desservies par les opérateurs ferroviaires nationaux dont certains ont choisi le site de Châlons-en-Champagne pour implanter leurs direction Grand-Est.

Un aéroport international : lancé en 1992, le projet de l’Aéroport Paris-Vatry est né de la volonté du Conseil général de la Marne de proposer aux acteurs de la logistique une solution multimodale incluant une offre aéroportuaire de dimension internationale accessible 24h/24 et 7j/7.
Situé à 150 km de Paris, à proximité des autoroutes A 4 et A 26 et bénéficiant d’un raccordement ferroviaire à l’axe Paris-Strasbourg, l’aéroport Paris-Vatry a été ouvert au trafic aérien le 21 janvier 2000.

  • L'infrastructure : la piste en béton est l'une des plus longues d'Europe (3 860 m) et permet à tous les types d’avion d’atterrir dans les meilleures conditions grâce à des outils de navigation performants. En 2006, l'aéroport a obtenu le code "PAR", le classant ainsi parmi les aéroports de l’aire métropolitaine de Paris. Afin de mieux identifier Vatry à la zone qu’il dessert, la dénomination de l’aéroport est désormais "Aéroport Paris Vatry ".

  • L'activité fret : tous les services et activités liées au transit des marchandises sont présents (douanes, contrôle phytosanitaires et vétérinaires, poste d’inspection frontalier et point d’entrée communautaire) et ont permis à l'aéroport de devenir le 3ème aéroport de fret de province. L’aéroport est apte à traiter du fret général tout cargo et du fret express et est également spécialisé dans le traitement des denrées périssables. La surface totale de la zone cargo est de 12 000 m² dont 4 200 m² dédiés au stockage des denrées périssables.
    Après des débuts encourageants dans les années qui ont suivi l'ouverture de l'aéroport avec des valeurs annuelles comprises entre 37 000 et 41 000 tonnes, les vols cargos ont connu une réduction significative dans le contexte de crise économique. Des démarches ont été engagées pour développer l'activité fret vers de nouveaux marchés notamment avec la Chine.
  • La plate-forme logistique : elle s’est développée autour de l’aéroport sur deux Zones d’Aménagement Concerté (ZAC) de 256 et 157 ha qui accueillent des entreprises spécialisées dans la distribution et la logistique ainsi que dans le transport. Ces zones accueillent, entre autres, Air Liquide Welding, Géodis Logistics (premier logisticien européen), SCAPEST (coopérative régionale des hypermarchés Leclerc) et Norbert Dentressangle, …
  • L'activité passagers : l'aérogare passagers a été inaugurée en 2004 et permet à l’aéroport Paris-Vatry d'accueillir des vols d’affaires ainsi que des vols charters et low-cost. Implantée depuis 2010, la compagnie à bas coûts Ryanair assure des vols réguliers vers Marrakech et Porto. La compagnie présente également l'aéroport comme le point d'accès le plus facile pour se rendre au parc d'attraction de Disneyland Paris. En haute saison, la compagnie Jetairfly assure des liaisons vers les villes d'Ajaccio, Malaga et Nice. Le tour-opérateur Top of Travels organise également des vols charters vers les îles de Madère et de Malte et vers la Croatie. Bien que modeste (21 600 passagers en 2010), la fréquentation de l'aéroport marnais connaît un démarrage significatif avec plus de 51 500 passagers en 2011, 88 600 en 2012, 101 727 en 2013 et 97 123 en 2014.